AVENTUREEN VOILIER

L’ascension dans la mâture du Belem

Embarquer sur le trois-mâts français Belem, bateau de légende, est une expérience à part entière. Etre stagiaire à son bord, c’est endosser la fonction d’apprenti gabier, on est associé à toute la vie du bateau, on participe à toutes les manoeuvres, qui sont impressionnantes, vu la taille des mâts et des voiles. L’occasion nous est donnée de tenir la barre, et de maintenir le cap.

Parmi les différentes expériences que l’on peut vivre, en est une dont on se souvient longtemps : l’ascension de la mâture. Celle-ci pourrait-être comparée, à une échelle des sentiments. La première sensation est l’envie d’essayer, de se surpasser, de relever le défi. Vient alors le moment de franchir le pas. On est décidé, on enfile le harnais, alors l’appréhension nous saisit. On écoute attentivement les recommandations de sécurité du gabier. On est au pied du mât, un sentiment de vertige nous envahit.

Allez, il faut y aller, on se concentre, un pied et une main après l’autre. Il faut toujours avoir trois points d’appui. L’ascension commence, lentement on gravit les enfléchures. Première difficulté technique, la maîtrise du stop-chute, après quelques essais, on franchit l’étape. La hune approche et la gambe de revers qui permet d’y accéder aussi, petit moment de panique, il va falloir gérer une position indélicate, le corps en arrière. Sueurs froides, la peur nous tiraille. Les encouragements et les paroles rassurantes du gabier permettent de se ressaisir. On prend son courage à deux mains, on respire. Ca y est, les pieds sont sur la hune. Après la vergue de la grand-voile, voici maintenant, celle du grand hunier fixe, les enfléchures rétrécissent, on ne loge plus qu’un pied. La concentration est à son maximum, il faut veiller à une bonne coordination des mouvements.

Vergue du grand hunier volant, du grand perroquet, celle du grand cacatois est en vue, on touche au but.

On est à 30 mètres au-dessus du niveau de la mer, le gabier nous aide à franchir la dernière étape, on glisse ses pieds sous la vergue, on cherche une position pour se stabiliser.

On enroule ses bras autour de la vergue, et là on ressent tous les mouvements du bateau, on a l’impression de faire corps avec lui. On prend une grande respiration, et on profite de la vue exceptionnelle que nous offre cet emplacement si particulier.

Les jambes flagellent, le coeur bat fort, on transpire. C’est vertigineux et grisant. On est heureux.

Puis vient le moment de la redescente, beaucoup plus facile, l’expérience de la montée nous donne un peu d’assurance, on profite davantage. Dernière marche, on se décroche, et une grande fierté nous envahit. On lève la tête, on refait le parcours visuellement et on réalise que l’on a réussi à maîtriser ses peurs et ses appréhensions. On l’a fait. On peut savourer pleinement le petit exploit que l’on vient de réaliser.

Pour cette ascension, mention spéciale à Serge pour m’avoir convaincue d’essayer et à Jean-Baptiste qui m’a accompagnée tout le long de l’ascension et qui m’a remotivée dans un moment de doute et d’appréhension.

Un grand merci pour votre patience et votre aide.

AIDER LA FONDATION BELEM

Depuis sa création en 1980, la Fondation Belem a pour mission de conserver dans le patrimoine de la France le trois mâts Belem, dernier grand voilier français du 19ème siècle, l’un des plus anciens navires au monde toujours en navigation. Elle s’est donné pour objectif de porter témoignage de la tradition maritime française, et de faire du Belem une véritable école de la mer pour le public le plus large possible.

En faisant un don à la Fondation, vous prenez part à une véritable aventure humaine et patrimoniale ; vous permettez au Belem de continuer à naviguer, et à la Fondation de mener à bien sa mission de conservation et de valorisation de cet exceptionnel patrimoine.

 

Ascension dans la mâture du BELEM
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