Etre guide au Maroc me permet d’être libre

by Sita, 25 mai 2011
Etre guide au Maroc me permet d’être libre
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Etre guide au Maroc me permet d’être libre, c’est un métier de découvertes et d’échanges culturels.

Mustapha Khout est un jeune guide berbère. Né en 1989, il est originaire de la vallée heureuse dans le Haut Atlas marocain. Il est l’aîné de quatre sœurs, dont deux sont déjà mariées, son travail permet d’aider sa famille à vivre.

Salam Aleikoum (Bonjour)

MarocAvril2011 (363)Explique-nous Mustapha, pourquoi tu as choisi de devenir guide ?
C’est une activité professionnelle très riche et enrichissante. C’est tout d’abord un travail qui me permet d’être libre et d’acquérir tous les jours de nouvelles connaissances. C’est un métier de découvertes et d’échanges culturels grâce aux différentes nationalités des gens que je guide.

En parlant de nationalités, combien de langues parles-tu ?
Le berbère (c’était à mon époque une transmission orale), l’arabe, le français, l’anglais, l’espagnol.

Comment les as-tu apprises ?
Le berbère est ma langue maternelle, mes parents me l’ont transmise oralement, elle n’était pas enseignée à l’école. L’arabe je l’ai acquis à l’école primaire, c’est notre langue officielle. Au collège, on nous enseignait le français et l’anglais. Pour ce qui est de l’espagnol, je l’ai appris seul en autodidacte, avec l’aide d’amis et de livres. Prochainement, je vais prendre des cours d’allemand, c’est une clientèle importante au Maroc.

Est-ce qu’il t’a été difficile de devenir guide ?
Personnellement, j’avais des prédispositions, je suis de nature ouverte et j’ai soif de découvertes. Ensuite, il faut être patient, avoir le sens de l’organisation et surtout des responsabilités. Il faut savoir rassurer les gens, les accompagner en cas de vertige ou de difficultés pour marcher. Je me suis fait beaucoup d’amis, au cours des randonnées, j’ai gardé contact avec eux, ils m’envoient des livres pour étudier. En revanche, l’examen est très difficile à obtenir, très exigeant physiquement, mais je l’ai réussi.

Durant la haute saison, tu es continuellement en trek, est ce que ta famille, tes proches ne te manquent pas trop ?
Bien sûr, elle me manque mais je travaille pour elle, pour les aider, et grâce au téléphone portable, je reste tout le temps en contact. Lorsque le rythme ralentit, il m’arrive de rester une semaine, un mois parmi les miens, je me rattrape à ce moment-là.

Quels sont tes projets ? Comment t’imagines-tu dans 10 ans ?
J’aimerai visiter la France, et notamment ses montagnes, les Pyrénées et les Alpes. Mais surtout, je souhaite devenir guide autonome, à mon compte. Je connais très bien le Maroc grâce aux treks, les différences de culture d’une région à l’autre, entre les berbères et les arabes. Je travaille déjà pour plusieurs personnes, grâce au bouche à oreille, j’ai une bonne réputation. Je suis libre d’organiser les randonnées moi-même, puisque j’ai mon diplôme de guide. Je voudrais proposer des circuits, des itinéraires différents. Le principal étant de trouver une équipe qui s’entende bien et qui a l’habitude de travailler ensemble.
Et d’un point de vue plus personnel, j’aimerai pouvoir construire une petite maison chez moi pour la famille et me marier aussi.

Peux-tu nous donner cinq bonnes raisons de venir au Maroc ?
Pour sa culture, ses traditions encore très vivaces.
Pour la rencontre avec ses habitants.
Pour l’accueil.
Pour ses paysages différents et leurs variétés.
Pour la possibilité qu’il offre de le découvrir selon différentes thématiques : sur les traces des animaux préhistoriques, les sommets, les villages traditionnels, le désert, les greniers collectifs.

Qu’est-ce qui caractérise le mieux le Maroc ?
Un sport : le marathon est le sport préféré des marocains devant le football.
Un animal : la vache, on ne peut pas trouver de famille dans les campagnes sans vache. Elle fournit le lait, la viande, les veaux peuvent être vendus, c’est leur richesse.
Une couleur : le blanc, symbole de paix. Couleur très souvent utilisée pour les toits, les fenêtres.
La symbolique du drapeau : l’étoile représente les cinq piliers de l’islam. Le rouge c’est la défense du pays.
Un proverbe : « Les habits que as mis peuvent te faire des plaies, des blessures » (tes problèmes te viennent souvent de ta propre famille et de tes proches)
Un plat : le tajine, c’est mon plat préféré avec de la viande et des légumes.
Une boisson : le whisky berbère (le thé à la menthe)
Un souvenir à ramener : une théière, une cheich, une djelaba et des babouches

MarocAvril2011 (289)Que penses-tu du Maroc aujourd’hui ?
J’ai une bonne opinion du Maroc, c’est un pays qui a su évoluer, qui prend de l’importance. Il offre aujourd’hui la possibilité d’étudier, de travailler. Certains villages sont encore très pauvres, sans électricité, sans route, la politique actuelle est de les désenclaver, de faciliter les échanges et les déplacements. Le tourisme est une bonne chose pour le Maroc, c’est une activité qui fait travailler un grand nombre de personnes, à tout niveau, chacun peut trouver sa place tout en respectant les cultures et les traditions. Si certains marocains perdent leur culture, ce n’est pas à cause du tourisme mais c’est de leur fait. Le roi a fait en sorte de protéger par exemple la culture berbère, en enseignant la langue systématiquement à l’école depuis 2004 pour la préserver et la transmettre.

Comment le Maroc va t’il évoluer ?
Je pense que notre pays va connaître de grands développements et évolutions dans tous les domaines.

Maâ Salama (Au revoir)

Contact:

Mustapha fut notre excellent chef guide durant notre trek dans la vallée du Drâa, au Maroc. Pour le contacter: mimi_tawhalt@yahoo.fr

Sita
Sita Auteur, photographe
Je vis à Bordeaux, mais j’aime le voyage. Parce que c’est synonyme de dépaysement, de rencontres, de découvertes et d’échanges. Partir c’est aussi accepter de se bousculer, d’être surpris et ensuite de faire partager. Internet, les réseaux sociaux, les blogs sont une fenêtre d’échange et d’ouverture sur le monde qui permettent de transmettre nos émotions, sensations, notre vécu, notre ressenti à notre entourage, aux amis étrangers, expatriés, aux personnes rencontrées lors de nos pérégrinations et à tous les internautes inconnus qui voyagent sur et à travers la toile. L’envie de collaborer à Aventure-Voyage est née, tout d’abord, de ma rencontre décisive avec Khun DiDi, ensuite c’est le plaisir d’écrire, de revivre et de prolonger nos voyages. C’est le « prétexte » que je me suis donné pour interviewer les gens et raconter de l’humain.

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