Focus sur : Robert Baillet raconte Madagascar

by Sita, 21 février 2016
Focus sur : Robert Baillet raconte Madagascar
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« Dieu a donné la montre aux occidentaux et le temps aux Malgaches »

Interview de Robert Baillet, d’origine malgache, de l’ethnie Mérina, vit maritalement près de Bordeaux.  Il est père de trois enfants, et habite en France depuis 31 ans. Il nous raconte et nous livre ses sentiments sur son île, à laquelle il reste profondément, viscéralement attaché : Madagascar.

Bob1Manao ahoana et ou salama (formule de politesse, bonjour).

La langue malgache est aussi riche de quelques mots arabes, hérités des commerçants. Les sept jours de la semaine sont, par exemple, d’origine arabe.

Qu’est ce qui te lie à Madagascar ?

Inconsciemment, le fait que mon cordon ombilical soit enterré quelque part sur cette île fait que j’ai toujours ce besoin d’y revenir, et même maintenant l’envie de finir mon existence sur cette île continent.

Qu’aimes-tu à Madagascar ?

Quand on aime quelqu’un ou quelque chose on aime un tout

Qu’est ce que tu n’apprécies pas à Madagascar ?

Ma déception vient de la perte progressive de notre éducation culturelle, de l’entraide, de la solidarité, qui étaient encore des valeurs fortes il y a 30 ans, c’est le côté négatif de l’évolution. La transmission orale de la culture se perd.

Et la déforestation qui a fait d’énormes ravages en une vingtaine d’années, heureusement, il commence à y avoir une prise de conscience, mais il faudra bien 20 ou 30 ans pour reboiser correctement et de façon significative.

Et qu’est ce que tu ferais pour changer les choses ?

Même si une seule personne ne peut pas grand-chose, le père Pedro Opeka (1), argentin, est un exemple, il a construit une ville sur une décharge qui recélait un compost de très bonne qualité, et il a fait replanter des arbres par des enfants, il y a 20 ans. Ce monsieur est un « dieu vivant », à mon avis il a fait plus que tous les présidents qui se sont succédés. Il a vu la misère, il est resté. Son action est comme un conte de fée.

Peux-tu nous donner 5 bonnes raisons d’aller à la découverte de ton île ?

  • La diversité : même si c’est un pays tropical, chaque province est différente, particulière.
  • L’accueil, la convivialité sont encore très présents
  • La faune : 99 % des plantes sont endémiques
  • Cette philosophie, si chère aux malgaches, de Mora Mora : « Dieu a donné la montre aux occidentaux et le temps aux malgaches »
  • La paix, la tranquillité, car malgré ses tracas quotidiens, c’est un peuple qui a toujours le sourire.

En quoi Madagascar est différente, à part ?

La diversité de ses populations, 19 ethnies et autant de façon de parler, la rendent particulière, la langue officielle permet à tout le monde de se comprendre.

Comment vois-tu Madagascar aujourd’hui ?

Madagascar est un pays qui a suivi l’évolution mais qui n’a pas avancé.

Ta vision dans 10 ans, comment crois tu que ton île va évoluer ?

La main mise des chinois sur ce pays me fait très peur, même si c’est mondial, Madagascar comme tous les pays d’Afrique y est très exposé.

Tes projets à Madagascar

« Le processus est en marche, tu retourneras à la terre, la culture, l’élevage ».

C’est une île plutôt sportive, j’aimerai monter un projet avec les collèges et lycées pour former une entité omnisports, style sport-étude. Je suis en train de passer le brevet d’Etat pour le mener à bien.

Différents éléments qui peuvent caractériser Madagascar :

  • Une couleur : le rouge, Madagascar est couverte à 90 % de latérite
  • Une odeur, un parfum : tout dépend de la saison et de la région, ça va de la vanille aux Ylang Ylang, les baies poivres. Une petite anecdote, en faisant un trek avec mes enfants, les deux ont eu la même réflexion : « Papa, ça sent le poivre », j’ai répondu : « Marchez et regardez, nous sommes dans un champ de poivre ».
  • Un paysage à photographier : difficile de faire un choix dans un pays qui est une palette en soit. Je dirais avec un peu de chauvinisme : la baie de Diego Suarez (là où j’ai vécu jusqu’à 18 ans au nord de Madagascar).
  • Un incontournable : le pain de sucre de Diego Suarez
  • Un lieu insolite, étonnant : le tsingy de Bemaraha dans le Sud Ouest, ce sont des montagnes de granit érodé, que l’on peut visiter avec un guide.
  • Un ou des endroits pour sortir, s’amuser : Madagascar s’est beaucoup développé dans ce domaine sur toute l’île, et chaque province a ses lieux de loisirs.
  • Une sensation, un sentiment : l’image que j’ai du village où je suis né, un ruisseau où ma mère venait faire la lessive, c’est cette image que j’ai en toile de fond quelque part dans ma tête.
  • Un livre, un écrivain : je vais faire une entorse, il n’y a pas vraiment de roman ou ouvrage en malgache que j’ai lus. En revanche deux livres m’ont vraiment plu : « Une saison blanche et sèche » d’André Brink et « A la recherche de la source du Mékong »
  • Une chanson : Rafahafahana (liberté) de Mahaleo (groupe mythique malgache) : « J’aimerais t’avoir comme allié ».
  • Une danse : le salegy
  • Un proverbe, une expression : Vary iray no nafafy ka  vary zato  nojinjana (un grain de  riz  semé,  cent  récoltés)
  • Un plat : Ravitoto (feuilles de manioc pilées au coco).
  • Un fruit : la mangue de Diego
  • Un animal : il y va de soi :  le lémurien
  • Une fleur : je dirais plutôt deux arbres en fleur,  le jacaranda, et le flamboyant
  • Un paysage : les différentes baies de Diego Suarez.

Veloma mandrapiaona (au revoir et merci en malgache)

Le site de son association  Akamasoa  en français : http://www.perepedro.com/

Sita
Sita Auteur, photographe
Je vis à Bordeaux, mais j’aime le voyage. Parce que c’est synonyme de dépaysement, de rencontres, de découvertes et d’échanges. Partir c’est aussi accepter de se bousculer, d’être surpris et ensuite de faire partager. Internet, les réseaux sociaux, les blogs sont une fenêtre d’échange et d’ouverture sur le monde qui permettent de transmettre nos émotions, sensations, notre vécu, notre ressenti à notre entourage, aux amis étrangers, expatriés, aux personnes rencontrées lors de nos pérégrinations et à tous les internautes inconnus qui voyagent sur et à travers la toile. L’envie de collaborer à Aventure-Voyage est née, tout d’abord, de ma rencontre décisive avec Khun DiDi, ensuite c’est le plaisir d’écrire, de revivre et de prolonger nos voyages. C’est le « prétexte » que je me suis donné pour interviewer les gens et raconter de l’humain.

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