USA

Nous avions pris l’habitude d’emmener nos petits-fils en voyage, chaque fois que c’était possible, et avec un grand projet pour l’anniversaire de leurs dix ans. Deux petits anges de plus ont choisi la ville du même nom

 

« -Moi, à dix ans, je veux aller à New York ! ». Le premier de nos petits-enfants avait dit cela dès le jour de son cinquième anniversaire. Comme il l’a répété chaque année avec une grande constance, nous l’avons emmené voir la « Big Apple » à la date prévue.  Trois ans plus tard, voici que deux autres de nos petits-fils, un de chaque famille, atteignent l’âge fatidique. Et que choisissent-ils, en choeur ? Los Angeles !

Cela peut paraître surprenant : qu’y a-t-il à proposer à des enfants en Californie ? Je me souvenais bien du tout premier parc Disneyland, mais il a dû mal vieillir avec le temps du numérique. A moins d’aimer le kitsch… Alors, quoi ? L’un des petits avait vu un documentaire sur Seaworld et il « voulait caresser les dauphins » ; l’autre souhaitait « visiter Hollywood et le Grand Canyon ». Mais dans ces expéditions entre grands-parents et petits-enfants, il y avait de toutes façons une autre idée de fond : leur donner le goût du voyage. Bref, il ne restait qu’à fixer un itinéraire.

Pas d’autocars !

Pour nos propres évasions, nous sommes fidèles depuis toujours à une méthode avion + voiture + hôtel. Nous avons pourtant regardé, à tout hasard, les autres programmes. Mais ceux impliquant des autocars sont à déconseiller avec des enfants : il faut compter de 200 à 600 km de bus par jour ! Et la question est : que font les enfants dans  l’autocar ? A part les jeux vidéo, qu’ils pratiquent déjà à l’excès en France, c’est nul.

Cette recherche nous a fait découvrir un autre problème : si la voiture est pratique entre Los Angeles et le début du Grand Canyon, celui-ci exige plus d’une semaine de trajets à lui tout seul : il fait 315 km de long et jusqu’à 60 km de large, sans compter des lieux plus éloignés comme Monument Valley et Bryce Canyon. Nous nous contenterons donc d’une visite en hélicoptère à partir de Las Vegas, en une journée avec déjeuner sur le Colorado.

Paris-Los Angeles

Nous avions demandé un hôtel près de l’aéroport, car il valait mieux ne pas trop rouler en arrivant, après 11 heures de vol et 9 heures de décalage horaire.

Finalement ce n’était pas une bonne idée car l’essentiel de ce qui se visite à Los Angeles est au nord, autour d’Hollywood.

Donc nos quatre jours de séjour ont exigé de 45 minutes à une heure de bouchons à chaque déplacement  sur des autoroutes à deux fois six voies ! La ville fait plus de 100 km de diamètre, et notre sommet de circulation sera le trajet Los-Angeles/San Diego le vendredi : nous mettrons cinq heures pour faire 200 km !

 

A vélo à Santa Monica

Arrivés un lundi soir, nous nous sommes régalés le mardi en louant quatre vélos sur la plage de Santa Monica. Pourquoi celle-là, plutôt que Malibu ou une autre ? Peut-être à cause de la fête foraine sur l’estacade de la plage, image conservée d’un film de Hitchcock. Et aussi parce que la célèbre Route 66, qui traverse l’Ouest américain, aboutit ici.

Nous avons fait une quinzaine de kilomètres sur de larges pistes cyclables à même la plage immense, où l’océan très calme mérite bien son nom de Pacifique. L’après-midi, on s’arrête à Venice, réseau de canaux et de villas luxueuses, avant de revenir et finir la journée à la fête foraine pour les deux gamins.

Aux studios Universal

Troisième jour, direction Hollywood pour la journée aux studios les mieux équipés pour recevoir le public : Universal Pictures propose un véritable parc d’attractions, avec depuis cette année un espace Harry Potter tout neuf et doté du dernier cri relief et 4D. Succès garanti auprès des enfants !

Un château de 50 mètres de haut reproduit l’école de Poudlard et un parcours de maison hantée s’organise autour du petit village aux toits recouverts de neige bien imitée. Mais il ne faut pas manquer l’ancien circuit de visite des studios, dans un petit train sur une route qui traverse les décors. Le clou est un film-catastrophe où un wagon de métro se fait écraser par une locomotive qui arrive en gare, le tout monté sur vérins invisibles et dans une explosion de bruit et de fumée ! Ici, on comprend bien l’origine du cliché sur « les américains, ces grands enfants » !

Il y a aussi les Dents de la mer avec un requin géant qui rôde dans un bayou près du train, une attaque de train postal à coups de winchester et des traversées de villes-fantômes.

Hollywood et ses étoiles

Un jour de plus (on se couche tôt à cause du décalage) et nous voici à pied sur Sunset Boulevard, à repérer les noms de stars connues parmi les centaines d’étoiles gravées sur les trottoirs.

Un autre secteur accueille les empreintes des mains des acteurs et actrices qui ont marqué leur époque – des souvenirs plus forts pour les seniors que pour les enfants !

Un peu plus loin, sur Hollywood Boulevard nous trouverons un restaurant western qui plaira beaucoup aux petits : doté d’un taureau mécanique, il leur a permis une chevauchée de rodéo sur le dos de la bête (mais sans les soubresauts motorisés, interdits aux moins de 18 ans).

Paul Getty et route au sud

Le vendredi, dernier jour à Los Angeles, nous nous rendons au musée Paul Getty, du nom du milliardaire qui a offert l’exposition au public de toutes les œuvres acquises durant sa vie. Et les Van Gogh, Renoir, Matisse, Picasso et autres Gauguin ne manquent pas (sans oublier l’art contemporain jusqu’à Warhol). Petite flânerie à Beverly Hills (en réalité on s’est perdus dans le quartier des super villas au goût plutôt clinquant!) et nous prenons la route de San Diego. Il est 14 heures, c’est à 200 kilomètres, l’autoroute fait deux fois six voies, on se dit que même à 55 miles/heure nous y serons vers 16 heures… C’est compter sans l’effroyable circulation de la capitale de la Californie. Il nous faudra…cinq heures pour rallier notre hôtel, pourtant au centre de San Diego ! A un moment, sur un total de quatorze voies, nous étions à l’arrêt durant vingt minutes…

Pour le Zoo et Seaworld

Pourquoi être allés à San Diego ? Parce que l’on y trouve le plus grand zoo du monde, avec 5000 espèces, et qu’il y existe aussi un parc aquatique réputé. Le premier souffre un peu de son gigantisme : c’est un vrai labyrinthe, mais il a le mérite, en ces temps où l’on critique les zoos, d’accueillir des centaines d’espèces en voie de disparition, et d’organiser leur reproduction. Et l’on ne transforme pas les bêtes en animaux de foire. Ce que l’on peut reprocher à Seaworld, où une dompteuse d’orques fut tuée il y a deux ans, dans un autre parc, par l’un de ses animaux. Mais Seaworld prend désormais de nombreuses précautions, et réduit les risques pour son personnel et les spectateurs. Il a quand même été possible aux enfants de toucher un dauphin !

Le spectacle principal a reçu l’appui du Cirque du Soleil de Québec. Tout le reste est à présent fondé soit sur le jeu, soit sur la vie sauvage et les réalités écologiques. Ainsi, une promenade sous une banquise artificielle (mais en partie de glace) permet de voir de vrais ours polaires dans leur élément naturel, mais avec un décor alentour qui offre une vision claire des risques du changement climatique.

Repos à Palm Springs

Le lundi matin, nous en étions déjà à une semaine de séjour, et après deux jours à San Diego, nous avions inscrit au programme une journée de repos. Comme nous étions obligés de passer par Las Vegas, lieu de décollage de l’hélicoptère pour le Grand Canyon, nous avions choisi Palm Springs, ville intermédiaire située à mi-chemin. Bonne surprise : l’hôtel choisi au même tarif que les autres était un quatre étoiles qui cassait les prix, avec deux piscines géantes sous les palmiers ! Formule fréquente aux Etats-Unis, qu’il faut rechercher avant de partir.

Palm Springs, c’est un décor de carton-pâte, une ville du désert où s’isolaient les stars d’Hollywood dès les années 1930. Avec des surprises : ainsi, un téléphérique grimpe dans une montagne proche, nous l’avons pris, confiants dans les 25°C qui règnaient sur le parking…pour nous retrouver à 800 mètres d’altitude, en shorts et en tongues, dans une tempête de neige tout ce qu’il y a de plus authentique ! Et un commerçant astucieux louait sans rire des bottes et parkas fourrées !

En route vers le Grand Canyon

Pour prendre l’hélicoptère, la ville la plus proche de Los Angeles est Las Vegas. Nous hésitions à y aller avec des enfants, mais nous y sommes arrivés un soir, pour passer la journée du lendemain au Canyon et repartir pour Paris tôt le matin suivant. Et il y a moyen d’éviter le triste spectacle des tables de jeux et machines à sous (d’ailleurs interdites aux moins de 18 ans, avec vigiles attentifs!) en prenant un hôtel près des fêtes foraines, qui attirent de nombreuses familles américaines. En face de l’hôtel Bellagio, d’inspiration italienne, un spectacle de son, lumières et jets d’eau est de toute beauté. Par contre on notera l’omniprésence du mauvais goût, même dans la partie « française », un entassement mêlant fausse tour Eiffel, Arc de Triomphe, Opéra suggérant Paris…

Pique-nique sur le Colorado

Ce fut le clou du voyage : une journée entière au-dessus du Grand Canyon, avec un déjeuner sandwiches, cookies et sodas sous une tonnelle, au bord du Colorado. Un ballet d’hélicoptères se pose autour de nous, car il n’y a pas beaucoup d’espaces plats. Le pilote nous a accueillis à l’héliport avec un relevé très précis du poids de chacun, pour une répartition dans la cabine. Quatre personnes derrière, trois devant avec lui : nous avons eu la chance que les petits-enfants et la grand-mère soient à l’avant. Le vol commence par un passage au-dessus de l’immense bassin du barrage Hoover, le lac Mead, avant de plonger entre les célèbres falaises ocre et rouge du Canyon. Après quelques méandres, l’hélico se pose en douceur et le pilote sort des cantines de victuailles au milieu des rares cactus et touffes d’herbes longues. Une heure au sol, pas plus car d’autres « ventilateurs » arrivent. On repart dans une autre direction, où le désert se fait gris et jaune, avec de temps en temps un petit groupe de maisons.

Retour par Salt Lake City

Le lendemain, notre GPS ayant eu une avarie, il nous a indiqué l’aéro-club de Las Vegas au lieu de l’aéroport international ! Nous avons donc raté l’avion Minneapolis-Paris, mais en avons eu un autre trois heures plus tard par Salt Lake City. A quelque chose malheur est bon : nous avons pu survoler le Grand Lac Salé, avec ses larges bandes blanches et beiges qui scintillent au soleil. Et la grande aventure a pris fin dans le B777 de Delta vers la France, avec des images plein la tête et l’habituel regret des voyages réussis : pourquoi cela n’a-t-il pas duré plus longtemps !

Pratique

  • Le vol : Air-France vs Delta, c’est l’alliance Skyteam qui propose des trajets de 500 à 1000 dollars par personne. Il y a bien sûr des voyages low-cost mais avec des enfants, se méfier des longs trajets truffés d’escales, ils représentent un risque de fatigue importante, sans compter d’interminables attentes entre deux avions. Préférer les vols directs (Paris-Los Angeles, onze heures)
  • Les hôtels : bien tenir compte (voir plus haut) des zones à visiter, et choisir l’hôtel pour limiter la circulation auto, qui grève un bon tiers de chaque journée (50 à 120 dollars la nuit).
  • La voiture : Avis et Hertz mis en comparaison, Avis l’a emporté avec une Hyundai Santa Fe très écologique puisque marchant gaiement au sans-plomb !
LOS ANGELES, POUR DONNER LE GOUT DU VOYAGE AUX ENFANTS
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