La redécouverte d’Epi

by Sita, 22 février 2015
La redécouverte d’Epi
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Martial Bonnac, qui vit en Suisse dans le canton de Vaud, a relevé un beau défi, en août 2013 et accompli un rêve. Il a parcouru 500 km à cheval, aller-retour, pour rallier le mariage de son frère aîné près de Lons le Saunier en France. Récit d’une magnifique aventure humaine et plus encore…

Le patient travail de dressage et la redécouverte d’Epi

martial-et-epi-preparatifs-6Faute de moyens, Martial n’a pas pu poursuivre son apprentissage d’équitation durant la période de dressage. En revanche, Michel, Yann et son entourage lui ont prodigué de précieux conseils pour la préparation de son expédition. Il partait de zéro et devait tout apprendre en termes de bagagerie, lecture de carte, matériel nécessaire, soins à apporter au cheval, plantes nocives à identifier. Il a bénéficié d’une formation accélérée.

Durant un mois, il n’a eu aucun contact avec Pinson et Epi jusqu’à ce qu’il reçoive un coup de fil : « Le cheval est prêt, tu peux venir ». Epi était méconnaissable, il répondait aux ordres, Martial l’a monté quarante minutes dans le manège sans aucun problème.

Les secrets de la réussite selon Pinson, c’est le temps, la patience et l’adaptabilité, à chaque cheval une méthode. Selon l’expression de Martial : « Il murmure à l’oreille des chevaux et des hommes aussi ». Pour que la relation fonctionne, il faut de la confiance mutuelle, c’est un délicat dosage, ce sont des mains d’acier dans des gants de velours, il faut être fort intérieurement tout en étant doux, il est indispensable de dominer le cheval.

Quatre jours après, le rendez-vous est pris, départ en fin de journée pour une grande randonnée à cheval, Pinson a mis Martial en garde : « Tu as intérêt à être en forme ». Le jour J à 18H30, Martial est là. Ils boivent une bière puis deux, mange un casse-croûte, indispensable pour une bonne mise en condition, Pinson, avec son œil malicieux : « Tu verras pourquoi tu vas en avoir besoin, bon maintenant, on va arrêter la danse et on va faire du cheval. »

Cette première sortie dans la nature a été révélatrice pour Martial, elle lui a permis d’expérimenter de multiples sensations. La finalité de la balade était une buvette en altitude dans les alpages. Partis à huit majoritairement des filles, il y avait une émulation de groupe qui stimulait les chevaux et les cavaliers et favorisait les galops côte à côte. Il fallait tenir les bêtes, ça reste des animaux que l’homme doit dominer. Cette randonnée a permis à Martial d’appréhender les passages de rivière (voir encadré), étape technique particulièrement délicate qu’il n’avait jamais vécue.

La redescente s’est faite de nuit, en pleine forêt, avec très peu de visibilité, idéal pour ressentir l’équilibre. Durant, ces quatre heures trente intenses, il en a pris plein la vue, il se sentait bien, ce sont exactement les sensations qu’il recherchait. Il a eu un bon feeling avec les cavalières, elles ont compris qu’il n’était pas en concurrence, il se nourrissait de leurs commentaires, de leurs critiques, il n’avait plus un coach mais sept.

Pendant un mois, il est venu monter Epi trois fois par semaine. Systématiquement, ils grimpaient dans les pâturages en découvrant des circuits différents. Chaque fois, Pinson lui faisait vivre des situations toujours plus cocasses, plus difficiles, toujours en groupe, jamais à deux. Michel Leblanc, le propriétaire, venait prendre des nouvelles très régulièrement, tout en discrétion.

Les traversées de rivières Avec Pinson, il n’avait pu aborder la difficulté du passage des rivières, qu’une ou deux fois seulement. Durant son périple, il était hors des sentiers battus, la plupart du temps, il fallait qu’il fasse de gros détours pour éviter les rivières. Alors il s’est lancé, le cheval paniquait, Martial avait de l’eau à une hauteur raisonnable, il ne voyait pas le fond. Au départ, le cheval était hésitant, c’est là que la communication a été déterminante, il l’a stimulé, lui-même n’éprouvait aucune crainte, sans jamais oublié que si le cheval refuse, il ne faut pas insister. Il faut être totalement à son écoute et le respecter. La première fois, il ne l’a pas brusqué, il a passé cinq bonnes minutes dans l’eau avec lui, pour que la confiance s’instaure. Ce fut un moment magnifique et les passages de rivière, difficultés quasi insurmontables au départ sont devenus des étapes techniques très appréciées par Martial.

martial-et-epi-preparatifs-24Rapidement, Martial a pris du niveau, grâce à une motivation et une envie hors du commun, stimulé par l’idée qu’un homme acceptait de lui prêter son cheval et lui faire confiance, sans le connaître. Il s’est accroché, il ne voulait pas le décevoir.

Au bout de deux semaines et demi, Pinson n’en revenait pas, il n’avait jamais vu quelqu’un progresser aussi vite dans le monde du cheval. Il a aussi cru en l’aventure, parce que qu’il a observé Martial monter, il a noté sa sensibilité avec le cheval, sa force athlétique, mais ce qui l’a définitivement convaincu c’est de voir le rapport que Martial entretenait avec son petit garçon, Mathurin. Il savait que cette relation fusionnelle, attentive serait une vraie plus-value.

Il a donc axé l’apprentissage sur le bien-être du cheval, les blessures à éviter, les plantes nocives à reconnaître, la bonne alimentation du cheval.

A suivre…

Sita
Sita Auteur, photographe
Je vis à Bordeaux, mais j’aime le voyage. Parce que c’est synonyme de dépaysement, de rencontres, de découvertes et d’échanges. Partir c’est aussi accepter de se bousculer, d’être surpris et ensuite de faire partager. Internet, les réseaux sociaux, les blogs sont une fenêtre d’échange et d’ouverture sur le monde qui permettent de transmettre nos émotions, sensations, notre vécu, notre ressenti à notre entourage, aux amis étrangers, expatriés, aux personnes rencontrées lors de nos pérégrinations et à tous les internautes inconnus qui voyagent sur et à travers la toile. L’envie de collaborer à Aventure-Voyage est née, tout d’abord, de ma rencontre décisive avec Khun DiDi, ensuite c’est le plaisir d’écrire, de revivre et de prolonger nos voyages. C’est le « prétexte » que je me suis donné pour interviewer les gens et raconter de l’humain.

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